Buffles, élands et adrénaline, un carnet d'une chasse mémorable !

Le premier jour de chasse, nous partons vers 6h30, au lever du jour. Il fait assez frais, l'air est même piquant mais se réchauffe rapidement. Cette heure matinale nous permet de voir beaucoup d'animaux qui émergent de leur nuit, on verra ainsi beaucoup d'antilopes... c'est un vrai régal pour les yeux. Enfin, au loin, nous apercevons un groupe de zèbres, 4, dans la grande plaine que nous décidons d'approcher. La progression est lente et se fait de buisson en buisson... Nous approchons quand soudain le vent se met à tourner nous éventant par la même occasion. Le résultat est immédiat : les zèbres détalent pour disparaître rapidement... nous rebroussons chemin pour reprendre le 4x4 en maugréant quand soudain le pisteur nous fait signe en nous montrant deux zèbres à l'autre extrémité de la plaine... nous tentons une deuxième approche et je tire à 170 mètres ; seulement la balle est un peu trop en arrière... le pisteur Johannes intervient alors. Nous suivrons les gouttes de sang, parfois indécelables, pendant plus de 3 heures avant de le voir et de pouvoir tirer à nouveau. Pas très satisfait de mon deuxième tir, alors que je souhaite le doubler, Jaco, qui observe l'animal aux jumelles, me retient... Effectivement, le zèbre tombe peu de temps après... très contents, nous rentrons enfin déjeuner (nous étions partis du véhicule sans emporter d'eau et le soleil s'était depuis bien montré !).
Nous repartons vers 16h et, alors que nous avons tout juste quitté le camp, nous voyons un buffle isolé. L'approche se fait assez aisément comparativement à celle du zèbre de ce matin mais je trouve que la première journée a été assez riche en émotions comme cela et nous décidons de rentrer...
Deuxième jour. Toujours aussi matinal, nous nous dirigeons vers un point d'eau où le guide espère trouver des élands. Effectivement, sur place, il relève un beau pied d'éland que nous décidons de remonter. Alors qu'on le suit depuis plus d'une heure sans avoir rien vu d'autre, on tombe sur un buffle dont le trophée n'est pas mal du tout... malheureusement, des branchages me gênent et la proximité (78 mètres) de l'animal m'empêche de bouger. Alors je me mets en position de tir et nous attendons... du mouvement se fait derrière lui et un autre buffle apparaît, dégagé, que je pourrai aisément tiré mais qui est beaucoup moins beau que l'autre... et enfin, mon buffle, bousculé par un autre, avance me donnant ainsi la possibilité de tirer... mais tout se passe très très vite... je vois, comme tout le monde, le buffle accuser le coup avant de s'enfuir et nous pensons alors que l'affaire est réglée. On va même se serrer les mains comme signe de congratulations !! Après une attente d'une trentaine de minutes, nous décidons d'aller à la recherche de notre animal, qui, nous en sommes certains, n'a pu aller loin... Mais, une fois sur place, à notre grand étonnement, nous ne trouvons aucune goutte de sang, il est alors 8h30...
Heureusement, nous relevons les premiers indices environ ¼ d'heure après... nous arrêtons de pister à midi pour reprendre vers 15h, les traces de sang sont de plus en plus abondantes mais la végétation l'est également. L'animal blessé, se sachant poursuivi, s'est réfugié dans de la végétation très dense, à tel point que le pisteur devra à plusieurs reprises grimper dans des arbres pour essayer de le repérer... inutile de vous dire que la situation est assez dangereuse et que notre progression se fait, pour cette raison, beaucoup plus prudente. Lors de cette recherche, très attentifs à ne faire aucun bruit, Yaco va se retrouver presque nez à nez avec un gnou solitaire qui sera aussi surpris que lui. Heureusement, cet animal facilement belliqueux n'a pas attendu son reste pour détaler. La journée s'achève, il commence à faire sombre et nous n'avons d'autre choix que d'abandonner nos recherches... même si nous l'avons relevé à deux reprises, personne n'a pu le voir depuis le tir de ce matin !
Troisième jour. Après la mauvaise nuit que vous pouvez imaginer, ou je n'ai eu de cesse de repasser en boucle toute ma journée en espérant ne pas reproduire le vécu de l'éland d'il y a 3 ans, nous repartons de très bon matin sur la piste du buffle. Et là, nous allons assez rapidement l'apercevoir à tour de rôle, le guide, moi, le pisteur, Frédéric... je sens bien que l'animal est épuisé... alors qu'il arrive dans une zone de végétation plus éclaircie, je l'aperçois qui se retourne pour me faire face, à 45 mètres, avec nullement l'envie de fuir... précipitamment, je relève ma carabine sans avoir d'autre choix que de lui placer une balle entre les deux yeux... et je le vois, au grand soulagement de tous, enfin s'effondrer... toutes les tensions tombent pour se transformer en une immense joie... il est alors 10h30.
Après cette matinée très mouvementée, on décide de se faire une après-midi plus tranquille à l'affût. On voit beaucoup d'animaux dont des troupeaux de gnous, de zèbres et d'élands... d'ailleurs, je trouve le mâle, qui vient classiquement en bon dernier, bien et j'ai envie de le tirer... seulement Yaco m'en dissuade car il en connaît un beaucoup plus grand... lorsque nous rentrerons au camp un peu plus tard, nous apercevrons un important groupe d'élands dont le mâle est effectivement bien plus majestueux que celui aperçu auparavant... un heureux hasard comme pour donner raison à mon guide et m'ôter tout regret !
Quatrième jour. Nous nous dirigeons directement à l'endroit où nous avons aperçu le gros éland la veille. Seulement, il ne nous a pas attendu et je désespère même de pouvoir le retrouver... quand soudain, nous l'apercevons au loin... seulement lui aussi nous a repéré. Il faut dire que le groupe auquel il appartient est important, au moins 40 têtes, ce qui fait autant de paires de yeux ! surtout que le biotope dans lequel nous évoluons ne nous offre que très peu de caches... On abandonne le temps de déjeuner pour reprendre ensuite. Après plus d'une heure de pistage, le mâle reste un peu en arrière du troupeau me donnant ainsi une possibilité de tir (188 mètres). La balle va se loger un peu bas dans l'épaule et tout le troupeau décampe sous l'impact. L'animal blessé va étrangement suivre le troupeau ce qui facilitera notre pistage mais absolument pas notre approche... il s'isolera à la suite de la deuxième balle et je vais devoir lâcher une troisième balle pour l'achever alors qu'il s'était réfugié dans des broussailles et que la nuit tombait. Le trophée est superbe, magnifique revanche !

Cinquième jour. La veille, en rentrant, nous avons aperçu des bubales, animal qui est loin de me déplaire mais qui est réputé pour être très craintif et donc très difficile à chasser. Qu'importe, nous prenons le chemin pour essayer de les retrouver. Nous partons d'un pied et, après une bonne marche de plus d'une heure, nous les repérons dans les grandes herbes, ils sont 4. Le troisième du groupe est idéalement positionné, en plein travers, à 138 mètres. Il tombe sous la balle....comme quoi, cet animal ne confirmera pas avec moi sa réputation !
Sixième jour. En parlant avec Jaco pendant le dîner de la veille, je lui ai fait part que je me laisserai bien tenter par un beau cob à croissant si j'en avais l'opportunité... et nous partons donc à sa recherche. Autant les femelles de cette espèce se montrent assez facilement que les mâles, et surtout les beaux mâles, sont des plus discrets... comme si ils pressentaient la menace qui pèse sur eux... un beau pied de mâle est relevé par Yaco, lequel on va suivre pendant plus de 3 h. On voit beaucoup d'animaux, des gnous, des oryx, des impalas, des koudous.... et enfin, mais très loin, on devine un groupe de cobs et, un coup de jumelles confirme que le mâle est un beau trophée. Seulement, ils se dirigent dans une végétation plus touffue si bien que nous ne les voyons plus... Yaco m'incite à poursuivre et, juste au-delà des premiers buissons, nous retrouvons les cobs. Je tire à 11h30 mais je rate, la balle a certainement été déviée par une petites branches... mais je ne peux dire si j'ai blessé ou pas... Une fois sur place, en l'absence de sang, on prend le pied de l'animal que l'on suit pour s'apercevoir au bout d'une vingtaine de minutes que nous nous sommes trompés, c'est le pied d'une femelle et non pas celui du mâle !!
Même punition pour tout l'après-midi, sans plus de succès. En fin de journée, nous décidons de nous poster à l'affût au plus proche point d'eau de la zone... nous voyons les 4 femelles cobs venir mais sans le mâle... ce qui n'est pas un bon présage...
Septième jour. Très tôt le lendemain matin, nous nous dirigeons vers notre poste d'affût afin d'être en place avant que le jour se lève. A 10h, l'attente n'ayant rien donné, nous décidons de parcourir tous les chemins à proximité afin de reprendre le pied du mâle... seulement, depuis la veille, beaucoup d'animaux ont circulé et la tâche, malgré la grande expérience du guide et surtout du pisteur, se révèle être particulièrement difficile... la pose déjeuner est la bienvenue et nous décidons de repartir l'après-midi mais, cette fois-ci, en plus petit groupe, seulement le guide et moi... après une nouvelle tentative de pistage infructueuse, les traces ne sont décidément pas exploitables, nous décidons de retourner à l'affût... seulement, comme la veille, les femelles viennent mais sans le mâle... la situation devient hautement stressante... surtout qu'il fera sombre dans moins d'une heure... Yaco décide alors de reprendre le 4x4 pour faire un plus large tour... et, à force de scruter minutieusement le bush, nous retrouvons enfin notre mâle sous un arbre... nous descendons précipitamment de la voiture et, l'animal étant couché, Yaco siffle. Immédiatement, le cob se relève et part... affaibli par sa blessure, nous le retrouvons rapidement, une centaine de mètres plus loin et je tire à plus de 200 mètres... et là, on entend un bruit rauque en même temps que l'on voit un énorme nuage de poussière provoqué par la fuite des nombreux animaux tout autour... Alors Yaco m'envoie à gauche tandis qu'il prend la direction opposée... et je ne trouve rien, pas de sang... il fait noir, je pense que j'ai raté et je suis vraiment dépité... il fait presque nuit, nous retournons sur le 4x4 et, au lieu de continuer sur le chemin en direction du camp, Yaco se dirige avec le véhicule dans le bush, presque à l'endroit du tir et je vois enfin mon cob à croissant qui gît par terre, à 200 mètres à peine du lieu de l'impact... alors Yaco éclate de rire et j'en fait autant !
Ce deuxième safari a été vraiment super et cela à tous les niveaux, l'organisation, les repas, l'hébergement, le guide, la chasse... je n'ai rien à redire, enfin si, que je reviendrai très prochainement sur le Ranch d'IMBERBA RAKIA pour compléter ma collection de trophées africains... je me laisserais peut-être bien tenter par une sable que j'ai eu le loisir d'observer longuement pendant ce dernier séjour...
Pascal.
